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Cathy HUNE

Pavlina Banboudi : Saints Minas et Hermogène

8 Décembre 2015, 10:26am

Publié par cathy hune

(le rêve)

(Les miens couchés dos sur la tombe

Leurs témoins à la main.

Sans destinataire, tous, fermés.

Le dernier me saluait depuis le sous-espace

Signal numérique

Insistant,

Toujours plus lointain, plus intense.

Eh bien, me suis-je souvenue,

Dieu était lui aussi l'un de mes morts.

Alors, est apparue sur la carte un point noir

Poème éphémère,

Troublant à nouveau, contrée infinie,

Silence, l'icône de la Vierge.

Et j'ai vu le fils que je n'ai pas

Et le père que j'ai eu jouant joyeusement.

Les petites mains-jamais dans les grandes mains-jadis.

Tous deux courant sans jambes.

Rires sans matière.

Le non-corps échappant au corps qui fut.

Et le vent qui tourbillonne en phonèmes

Et le sable qui se plisse en pensées.

Puis, tel un ballon,

La planète qui éclate et disparaît

Dans le trou noir.)



(L'interprétation)

Il est tard, a dit le Garde,

Les douze coups ont sonné

Tant d'années plus tôt.

Tu es enfermé du dehors

Et du dedans.

Tu ne peux t'évader que par en bas.

Tes bagages

Ont déjà voyagé

Tout seuls,

Très loin.

Eux aussi, désormais, perdus.



(Le commentaire)

Je m'évade vers le haut, têtue.

Avec d'autres bagages, d'oiseaux.

Moi je le peux, car

Très nettement

Je me souviens de ma provenance.

Moi

J'ai eu pour nourrice un nuage.

J'ai entendu les contes

D'une grand-mère clair d'étoiles

Le vent m'a protégée.

La fumée me donne encore des leçons.

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